La question de savoir si un véhicule utilitaire léger (VUL) est un simple moyen de déplacement ou s’il doit aussi considérer comme un “outil de travail” est toujours à l’ordre du jour. A priori, elle n’est pas prête d’être tranchée et sur ce point, le Comité pour la prévention du risque routier professionnel (COPIL) pourrait décider qu’il est urgent… d’attendre. Cette “frilosité”, fruit d’un “consensus mou” qui fait l’affaire des constructeurs, agace. On devrait reparler de la sécurité des VUL dès le mois de septembre. 

       Le groupe de travail sur la sécurité des VUL mis en place par le COPIL devrait publier prochainement un rapport d’étape. Il sera lors intéressant de savoir qu’elle est la position des différents acteurs. Il n’y a pas de “va-t’en-guerre” dans ce domaine, mais il ne semble pas que les points de vue se soient véritablement rapprochés. Certains, les constructeurs automobiles les premiers, appuient sur le frein avec suffisamment de puissance pour que tout n’aille surtout pas trop vite. On le sait que ce soit chez Renault ou chez Peugeot et Citroën, on privilégie l’optionnel pour l’airbag passager ou l’ESP, voire l’ABS ce qui fait que les VUL sont bien moins équipés — et de fait moins sûrs — que les véhicules de tourisme conçus sur les mêmes bases et produits sur les mêmes lignes. Alors, le VUL, un outil de travail ? Et bien ce n’est pas pour demain.

Ne pas confondre vitesse et précipitation

Le ministère de Xavier Bertrand n’est, a priori, pas contre, les syndicats de salariés seraient plutôt pour, les représentants du patronat pourraient se diviser sur la question, mais les fédérations d’artisans sont en pointe sur le sujet. La Sécurité routière s’interroge encore. Et quid de la branche AT/MP de la Caisse nationale d’assurance-maladie des travailleurs salariés qui met en œuvre la politique de prévention des risques professionnels, visant à améliorer la santé et la sécurité des salariés dans l’entreprise ? Et bien de son côté, il semble bien que l’on ne veuille pas confondre… vitesse et précipitation et que la réponse à la question puisse par conséquent attendre. Les ingénieurs-conseils qui sont impliqués dans la prévention du risque routier professionnel, hommes d’expérience et de terrain, s’interrogent sur le rôle qu’on veut leur faire jouer. En attendant, toutes professions confondues, l’accident de la route reste la première cause de mortalité au travail.

Cet article a été posté le Jeudi, 17 juillet, 2008 à 11:37.
Catégories: Mobilité, Sécurité.

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