Réformer le permis de conduire… Il semble qu’enfin le dossier avance à grands pas. Mais réformer pourquoi faire ? Ce qu’il faut c’est non seulement “démocratiser“ le permis, le rendre accessible à tous financièrement, réorganiser les conditions de passage de l’examen pour que l’on n’attende plus 6 ou 8 mois après un échec, mais c’est aussi — et c’est l’essentiel — apprendre aux (futurs) automobilistes à conduire autrement, voire écologiquement. A plus de 1,50 € le litre de carburant, ce n’est pas sans importance.

Il s’appelle Dominique Lebrun, il est inspecteur général de l’Equipement, et il a aujourd’hui une mission… impossible : réformer le permis de conduire. A peine le travail commencé et il est contesté. Tels les parlementaires de gauche comme de droite qui refusent la moindre évolution de nos institutions — le système des grands électeurs pour la désignation des Sénateurs n’est-il pas devenu obsolète, pour ne pas dire inique et il est le plus anti-démocratique de tous les systèmes des grands pays développés ! — les 1250 examinateurs du permis montent au créneau pour défendre leur chapelle. A leurs yeux, il faut conserver leur mission dans le secteur public et maintenir une frontière infranchissable entre ceux qui forment à la conduite et ceux qui jugent les aptitudes d’un candidat pour garantir à ce dernier un “jugement“ en toute indépendance. On peut les suivre sur ces deux points, mais on aimerait qu’ils nous disent comment améliorer la formation des nouveaux conducteurs et des jeunes en premier lieu.

Maîtriser les aides électroniques à la conduite

Leur apprendre à conduire et à mieux se conduire au volant, les aider à affronter les difficultés du trafic d’aujourd’hui dans les meilleures conditions possibles, sont les seules questions qui vaillent. Même les nouveaux conducteurs qui ont suivi l’AAC — l’apprentissage anticipé de la conduite ou “conduite accompagnée“ — n’y sont pas (toujours) prêts ! Que savent-ils des aides électroniques à la conduite ? Ont-ils appris à freiner et surtout à freiner en cas d’urgence ? Ont-ils ey l’occasion d’expérimenter des manœuvres d’évitement devenues possible avec un ABS et un ESP ? Sans doute n’auront-ils aucun problème à se servir d’un GPS et à synchroniser leur portable avec le système multimedia de leur véhicule. Mais leur aura-t-on dit qu’en téléphonant au volant — même avec un kit “mains libres“ —, en écrivant et envoyant un SMS, en entrant une adresse dans son système de navigation, il prenait des risques ?

AAC et apprentissage

Dominique Lebrun doit rendre son rapport à la fin juin et, nous n’en doutons pas,ce rapport contiendra des propositions sérieuses. Mais recommandera-t-il de donner un nouveau démarrage à l’AAC en lui permettant d’être mise en place dans des cadres différenciés et par exemple, dans le cadre de l’apprentissage par alternance ? Il est remarquable de voir que certains artisans acceptent de confier le volant de leur “outil de travail“ à leur apprenti et lui permette ainsi d’apprendre (aussi) à conduire pendant sa formation. C’est désormais aussi important pour un maçon que de savoir monter un mur !

Il est également essentiel, pour un jeune en particulier, de ne pas avoir à attendre six ou huit mois pour repasser l’examen après un échec — et surtout après un premier échec —. Y a-t-il des solutions alors que les “inspecteurs“ qui ne sont pas assez nombreux, sont “vent debout“ devant tout ce qui pourrait ressembler, de près ou de loin, à une privatisation — même partielle — de l’examen ? il faut l’espérer car il y a urgence à sortir le permis de conduire de la préhistoire.

MH

Cet article a été posté le Mercredi, 21 mai, 2008 à 20:54.
Catégories: Mobilité, Sécurité.

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