C'est 80 km/h sur nationale par temps de pluie Roulant l’autre jour sur l’autoroute A7 du côté d’Avignon et le soleil  n’étant pas de la partie, mon co-équipier, Gérard Duvallet, journaliste  automobile hors normes — il écrit aussi des polars, des poèmes et  même des chansons quand il n’est pas sur les planches jouant avec la  troupe qu’il anime —,  m’interroge à brûle-pourpoint : quelle est la  vitesse maximum autorisée  par temps de pluie sur une nationale limitée  par météorologie clémente  à 90 km/h ? La colle.

Comment commencer sans vous donner la réponse ? 80 km/h ! Un conducteur sur 2, d’après le dernier baromètre Axa-Prévention TNS Sofres est comme moi, ignorant en la matière… et je pense que parmi ceux qui ont donné la bonne réponse, 3 sur 4 l’ont fait “au hasard“. Je vais réviser et espère n’être pas le seul !

A l’orange, on s’arrête !

Je me sens aussi concerné par les autres réponses faites aux enquêteurs de TNS Sofres. Oui, je téléphone au volant, le moins possible et en essayant d’écourter les appels et toujours avec une œreillette, même si je sais que c’est dangereux. En revanche, j’ai nettement changé mes habitudes par rapport à l’alcool : je ne prends plus la voiture lorsque, invité chez des amis, je sais que la table et la cave seront bonnes. Je dois aussi dire que je roule de plus en plus tranquillement en ville… mais que les comportements toujours plus dangereux de mes chers compatriotes, me font voir rouge.

TNS Sofres ­ 4ème Vague Baromètre des comportements sur la route Axa Prévention

Par rapport à 2006, le poids des bons conducteurs (”légalistes” + “respecteux”) a chuté de 69 % à 57 %. Celui des “affanchis” et des “fous du volant” ont fortement augmenté. (Source : TNS Sofres ­ 4ème Vague Baromètre des comportements sur la route Axa Prévention).

Et au rouge… je m’arrête, à l’orange aussi, d’ailleurs contrairement à 3 conducteurs sur 4 et même à 80 % des 18-39 ans (toujours selon TNS Sofres) qui méritent d’être rappelés à l’ordre.

La pédagogie de l’instituteur

A ce propos, il y a façon et façon de faire. J’ai été témoin pas plus tard que ce matin en haut de la Cannebière à Marseille d’une scène qu’on aimerait voir se répéter : un agent de la police nationale, impeccable dans son uniforme, moustache blanche bien taillée, sur un ton qui ne souffrait aucune contestation, a donné une leçon (justifiée) à un motocycliste qui allait franchir un feu rouge. Pas de coup de sifflet intempestif, mais il s’est contenté d’afficher d’une main ferme, 4 doigts… comme 4 points et de souligner, en colère et avec l’accent loco-local, que la vie (et le permis de conduire) ne tien(nen)t parfois qu’à un fil. La pédagogie de l’instituteur — pardon du professeur des écoles — appliquée avec autorité pour éduquer au respect du Code de la route, pour prévenir plutôt que de punir, voilà qui change tout ! Je n’ai rien vu de tel dans les consignes que le ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, vient d’envoyer aux Préfets pour leur rappeler qu’elle a pour objectif de faire baisser de 7 % le nombre des tués et de 6 % le nombre de blessés sur la route en 2008 et que le mois de mars ne laisse rien présager de bon en ce sens avec une augmentation de 7,5 % par rapport à mars 2007. 342 morts sur la route, c’est trop, beaucoup trop, mais cette année les trois jours du week-end de Pâques tombaient en mars, un “facteur de risque aggravant“ bien connu.

Le (bon) choix des mots

Ne doit-on pas, dans ces conditions, savoir raison gardée et s’obliger à regarder les chiffres avec du recul et sur une année ? Même si l’un (au moins) des accidents les plus meurtriers est du à une alcoolémie élevée et à une conduite sans permis, peut-on parler de “délinquance routière particulièrement violente”, comme l’a fait Cécile Petit, déléguée interministérielle à la sécurité routière ? A s’exprimer sur le même ton que les plus alarmistes, les plus extrémistes des associations de victimes de la route — c’est ainsi qu’elles se font entendre… des pouvoirs publics et du public. Qui pourrait leur reprocher ? — , ne risque-t-on pas de rendre “inaudible”, transparent le discours “politique” ? Toute la question est là : dans le choix des mots.

MH

Cet article a été posté le Jeudi, 10 avril, 2008 à 18:34.
Catégories: Mobilité, Sécurité.

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