Curieux ce salon de Genève qui laisse à penser que le monde de l’automobile n’a pas encore vraiment fait sa révolution écologique. Certes les constructeurs “passent au vert” mais ils ne sont pas décidés à développer le “zéro pollution” qui est pourtant l’avenir de nos villes.
A Genève, comme à leur habitude, les constructeurs du monde entier se donnent rendez-vous (du 6 au 16 mars) pour montrer qu’ils ne se croisent pas les doigts et qu’en multip
liant et en renouvelant leur offre, discours des directions marketing bien connu, « ils répondent aux attentes du marché “. Les Chinois étaient là, comme l’Indien Tata et la Nano,La Nano sa voiture à moins de 2 500 € (là-bas), mais aussi le Japonais Infiniti, la marque de luxe de Nissan qui arrive en Europe pour (essayer de) tailler des croupières à son homologue de chez Toyota, Lexus.
Il y a bien longtemps que la sécurité n’est plus un argument de vente et on peut s’étonner qu’elle ne soit plus à l’honneur sur les stands… sauf chez Volvo, on a envie d’ajouter, naturellement. L’heure est à l’écologie et les constructeurs s’attachent à être vertueux en faisant chuter les taux des émissions de CO2. Ils s’affichent “Eco2? (Renault), “Airdream” (Citroën), Blue Lion (Peugeot), ECOnetic (Ford), Bluemotion (Volskwagen), i-blue (Hyundai)… mais ils sont encore à mille lieues du véhicule “pollution zéro”. Genève 2008 en témoigne : le thermique a encore de beaux jours devant lui, seul ou partageant la place avec un bloc électrique dans des “hybrides” encore à l’âge de l’adolescence.
Un temps d’avance pour Micro-Vett
Au moment où le groupe PSA Peugeot-Citroën ne semble plus être en mesure, comme il l’avait annoncé, de mettre le marché en 2009-2010 des “hybrides” diesel et favorise en conséquence le développement de motorisations diesel avec filtre à particules ce qui ne résout pas tous les problèmes et en premier lieu pas celui des oxydes d’azote (NOx), il est permis de s’interroger sur l’avenir du “tout électrique”. Et là encore Genève est plein d’enseignements. Le premier, c’est que les batteries ont fait des progrès considérables et que déjà de petites entreprises maîtrisent les technologies de demain. L’Italien Micro-Vett qui travaille sur des véhicules des gammes “tourisme” et “utilitaires” signés Fiat a un temps d’avance sur tous les autres. Grâce à Sergio Contaldo, le fondateur et “patron” de Newteon, une “start up” qui vient jouer dans la cour des grands avec quelques succès, Micro-Vett a acquis notoriété et visibilité sur le marché hexagonal que deux industriels cherchent à conquérir :
La Blu(E) CarDassault d’une part au travers de sa filiale, Société de véhicules électriques (SVE), et avec le système Clenova, fort convaincant sur le Renault Kangoo adapté par Heuliez, Bolloré d’autre part avec des batteries au meilleur niveau technologique et une voiture urbaine, la Blu(E)Car, développée avec Pininfarina qui doit la produire. Avec cette “mini-mini”, plutôt sympathique d’allure avec ses trois places à l’avant façon Matra Bagheera années ‘70 — elles ont le même architecte, Philippe Guédon, l’homme qui inventa aussi l’Espace —, nous sommes projetés à l’horizon 2011 et on se doute que d’ici-là bien d’autres acteurs voudront entrer en jeu. Bien peu cependant ont les moyens d’investir pour industrialiser un produit qui est pourtant l’avenir de la circulation dans nos villes. Espérons, espérons, mais soyons réalistes : la voiture tout électrique dans les flottes de nos entreprises et celles des collectivités territoriales, ce n’est pas pour tout de suite. Encore que…
Wanted ! Véhicules exemplaires pour le respect de l’environnement
Quelques taxis romains donnent déjà l’exemple et en lisant entre les lignes le dernier appel d’offre coordonné par le Grand Lyon pour huit communautés urbaines Lyon, Arras, Bordeaux, Creusot-Montceau les Mines, Lille, Nancy, Strasbourg et Le Mans, on peut se dire qu’il pourrait y avoir une avancée à pas de géant de l’histoire. Un marché est bien en train d’émerger puisque l’appel d’offre spécifie que « les véhicules (petit utilitaire, petite citadine, petite berline compacte) ainsi achetés devront être exemplaires en ce qui concerne le respect de l’environnement sur le plan des gaz à effet de serre, des polluants ou encore des particules émises ” et que d’ores et déjà ils intéressent aussi plusieurs villes du continent, Bucarest, Manchester, Porto et Stockholm…
MH
Avec Michelin je passe du vert au rouge (de colère) !
Les Michelin Energy Saver® permettent d’économiser 4 g de C02 au kilomètre (soit 0,2 l aux 100 km). Ils équipent la Peugeot 308, mais aussi le Citroën Nemo, le dernier et le plus petit des utilitaires de la marque aux chevrons. En vous révélant cette information — merci à Pierre Daubrosse, l’un des chroniqueurs automobiles les plus avisés de la place ! —, je trahis un secret puisque nul n’en a soufflé mot lors de la présentation du véhicule à la presse. Pour ne vexer personne ? Et surtout pas Fiat dont le nouveau Fiorino est, comme le Peugeot Bipper, identique au Nemo aux signes de chaque constructeur près.
Michelin, ce n’est pas seulement des pneus “verts”, c’est aussi un Guide rouge. Il vient de sortir avec une surprise : le Grand Véfour, la somptueuse table de Guy Martin, perd sa troisième étoile. Réservez dès ce soir… et vous comprendrez mon étonnement devant cette “sanction”. Je me réjouis en revanche de la belle récompense obtenue par Gérald Passédat du Petit Nice à Marseille. Homme au cœur “gros comme ça”, son papa, Jean-Paul, qui l’a précédé aux pianos peut être fier de voir ainsi sa maison classée par les meilleures du monde.

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