Rétro, ringard, has been, obsolète, le titre de ce (premier) blog ? Non point. Il n’y a pas plus actuel que ce “slogan de papa”. Les chiffres sont là… et Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, du développement et de l’aménagement durables du gouvernement Fillon, et Cécile Petit, déléguée interministérielle à la sécurité routière et directrice de la sécurité et de la circulation routières (DSCR) aussi.
Les radars ont eu raison de la vitesse et en 2006 l’alcool est devenu le premier facteur de mortalité sur la route. Il est directement en cause dans la mort de 1 200 personnes (sur 4 703). Les ayatollahs de la lutte contre l’insécurité routière ont eu beau jeu de remonter en première ligne et de demander comme le Conseil national de sécurité routière que l’on abaisse le taux maximal d’alcoolémie au volant à 0,2 gramme d’alcool par litre de sang, une préconisation de la Commission européenne pour 2010. Fort heureusement (pour une fois !), d’autres groupes de pression (ah ! le lobby vinicole et celui des producteurs de boissons alcoolisées) agissent en contrepoint et les pouvoirs publics restent sur leur position : c’est non, deux fois non, la limite légale d’alcoolémie reste à 0,5 gramme ou 0,25 milligramme d’alcool par litre d’air expiré, mais… et c’est là qu’il nous faut attirer l’attention.
Avoir le “réflexe ethylotest”
” Le seul moyen de réduire encore le nombre de morts et de blessés sur la route passe par le respect absolu de la règle d’au plus 0,5 g/l de sang “, estime-t-on à la DSCR où l’on préconise à chaque Français d’avoir systématiquement le ” réflexe l’éthylotest ” après une réunion de famille, un dîner entre amis, une soirée festive ou encore un déjeuner professionnel, voire après le “pot de départ” d’un collègue bien aimé.
Nous n’en sommes pas encore à l’installation systématique d’un éthylotest anti-démarrage sur chaque véhicule, mais il se pourrait bien qu’un tel dispositif arrive bien avant le témoin de surcharge qui serait si utile sur les véhicules utilitaires légers (VUL). En attendant, ces dispositifs seront quand même imposés aux conducteurs en cas de délit de conduite sous l’emprise de l’alcool. Cette mesure a déjà été prise dans certains pays européens et certaines juridictions françaises l’ont imposée dans le cadre de mesures alternatives aux poursuites pénales.
Du “principe de précaution”
Pour mémoire, mais il faut le mentionner, le Comité interministériel de la sécurité routière du 13 février dernier a aussi décidé que ” les autocars affectés au transport d’enfants seront systématiquement équipés d’éthylotests anti-démarrage à compter de la rentrée scolaire 2009 “. Pourquoi se limiter au transport d’enfants ? Le “principe de précaution” ne voudrait-il pas que ce dispositif soit mis en œuvre dans tous les autocars sans exception et même dans les autobus - dans les deux cas, les conducteurs voient leur taux maximal d’alcoolémie fixé à 0,2 gramme d’alcool par litre de sang -, les rames de métro et de TGV, les trams et les taxis (au moins) collectifs ? Les pilotes d’aéronef sont depuis des lustres astreints à la diète alcoolique, douze heures au moins avant de se mettre aux manettes chez Air France où l’alcoolémie “zéro” est une règle absolue au décollage.
Parenthèse : on voit ici les limites du “principe de précaution” dont la Commission pour la libération de la croissance dite “Commission Attali” estime qu’il est un frein majeur à la croissance et qu’il faudrait se poser le question de savoir pourquoi il a été inscrit dans la Constitution en 2005 et peut-être la revoir sur ce point.
C’est un avis que partage sans aucun doute Jean de Kervasdoué. Cet ingénieur en chef du corps du Génie rural des eaux et forêts qui fut directeur des hôpitaux au ministère de la santé et est, depuis dix ans, titulaire de la chaire d’économie et de gestion des services de santé au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), ? sait de quoi il parle ! Il vient, dans un essai à lire d’urgence, ” Les prêcheurs de l’apocalypse, pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires ” (Plon) de crier haut et fort qu’il faut au mieux se méfier des thèses développées par les écologistes et au pire leur faire savoir qu’ils ne doivent pas prendre leurs fantasmes pour des réalités scientifiques.
Circulez, y a tout à voir
Vous voyez que l’on en revient à l’automobile et même à la circulation… parisienne. S’il est trop tôt pour dire quel sera le score des “jusqu’aux boutistes” verts aux municipales des 9 et 16 mars, j’affirme que si l’opération - ou l’OPA - Velib est une success story incontestable (je suis, sous le numéro 5160, un abonné du premier jour), l’une des principales réussites du maire sortant, Bertrand Delanoë, est d’avoir permis aux Parisiens de reprendre leur voiture. Pour peu qu’ils roulent à bord d’une “petite urbaine”, qu’ils n’hésitent pas à utiliser les parkings (ces très chers parkings !) pour stationner et qu’ils connaissent ces petites rues qui permettent d’éviter les grands axes, ils retrouvent un certain plaisir à conduire intra muros. Comme moi !
MH
PS Je vous promets que je n’ai rien fumé (il nous faudra revenir sur les problèmes des”joints” très bientôt) et peux vous assurer que le 21 février dernier, quelques minutes avant minuit, les forces de l’ordre - ” Bonsoir Monsieur, contrôle de routine ” - ont pu constater que mon alcoolémie était à 0 g.

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