Entre les constructeurs français, une saine bataille fait rage. On pourrait parler “utilitaires” et comparer le nouveau Renault Kangoo et le Citroën Berlingo… mais c’est autour des berlines “statutaires” que le débat s’anime. Alors plutôt Laguna ou plutôt C5 ?

Les premiers kilomètres parcourus au volant de la nouvelle Citroën C5 sur les routes portugaises m’ont fait grande impression. Voilà bien la meilleure berline Citroën depuis des générations ! Une vraie Citroën en plus, avec ses avancées technologiques, sa suspension hydropneumatique  (en option), sa silhouette racée, tout à la fois différente et s’inscrivant clairement dans les lignes de son temps. Une DS façon XXIe siècle ! On en rêvait et l’équipe de Jean-Pierre Ploué l’a faite. La question que l’on peut se poser est celle de savoir ce qu’aurait fait Donato Coco s’il avait eu plus de moyens, plus de liberté… et une promotion à la hauteur de son talent ? Imaginons un instant que celui que je tiens pour l’un des designers les plus doués de sa génération, se soit intéressé aux berlines “familiales”… ce qu’il n’aura pas l’occasion de faire à Maranello, chez Ferrari, qu’il a rejoint en quittant les bureaux de PSA Peugeot Citroën à Vélizy. L’heure de la rupture aurait sonné bien plus tôt sans doute pour la marque aux chevrons.

“Y a pas photo”
La C5, puisque c’est d’elle, qu’il s’agit est aux antipodes de la Renault Laguna, plus conventionnelle, très “années 2000?, autrement dit ne se projetant pas - ou pas assez - dans la décennie… finissante. Certes ” comparaison n’est pas raison “, mais la perception première que l’on a de la Laguna est qu’elle n’est “si moderne que ça”. Les commentaires vont bon train et que parmi les quelques gestionnaires interrogés par mes soins, “y a pas photo”. La C5 l’emporte haut la main. Elle a même des atouts pour battre sur leur propre terrain ces “belles Allemandes” - Audi A4, BMW Série 3, Mercedes Classe E - qui font les petits bonheurs des hauts cadres et dirigeants des entreprises les plus en pointe. Fluidité, élégance, puissance, “toucher de route”…
Alors bien sûr, du côté de chez Renault on a quelques soucis à se faire. La Laguna que l’on voulait porte-drapeau des premiers temps de l’ère Ghosn, n’a pas cette capacité d’attraction. Une bonne, une excellente voiture, une qualité de fabrication de haut niveau, des finitions impeccables, des motorisations efficaces et qui procurent un véritable plaisir de conduire et même - une première chez Renault - une garantie 3 ans ou 150 00 kilomètres. Sans doute a-t-elle une ligne par trop banale, plus en rondeurs et ainsi moins actuelle. Sur la route, certains l’ont jugée un peu pataude. Rien en tout cas qui ne remette en cause la sécurité. Jean-Yves Le Coz, le Directeur de la politique de Sécurité routière du constructeur peut dormir sur ses deux oreilles : les cinq étoiles aux tests Euro-Ncap valent quitus en ce domaine surtout quand la note obtenue est de 36 (35 pour la C5).

Cette touche d’irrationnel qui change tout
La Laguna, ce n’est pas bien, c’est très bien ! Alors pourquoi tant d’infamie ? Pourquoi a-t-elle été prise en grippe par (une partie de) la presse spécialisée ? Pourquoi ne recueille-t-elle pas plus de suffrages de la part de ceux qui, dans les entreprises et les administrations, gèrent les parcs automobiles ? Elle semble pourtant avoir été conçue pour répondre point par point au cahier des charges des loueurs de longue durée et n’ayons pas peur de l’écrire, sur ce point, c’est une parfaite réussite. Seulement voilà, c’est peut-être là que le bât blesse. A ne prendre en compte que les fondamentaux, on perd ce “je ne sais quoi” qui a fait les succès de la Twingo (première génération) ou de la Scénic hier, de la Twingo aujourd’hui encore (elle garde une forte personnalité et est bien moins banale que l’on a pu le lire !) et de l’Espace toujours. Il y a dans l’automobile une part d’irrationnel et c’est ce qui a, à mes yeux, fait la différence - la seule véritable différence - entre la Laguna et la C5.

MH

Coup de gueule !

La mobilité est parfois entravée pour de mauvaises raisons. Nico - 22 ans et un bel uniforme - bavardent avec deux de ses collègues de la gare SNCF de Roissy-Charles-de-Gaulle. Pendant ce temps-là, à côté d’eux, derrière eux, autour d’eux, des centaines de voyageurs débarquant des quatre coins de la planète pianotent en vain sur les machines pour obtenir, avec leur carte Visa, un billet de RER pour regagner Paris. Conséquence directe : une queue impressionnante aux guichets et beaucoup de temps perdu. Et quand on fait remarquer le désordre à Nico, il vous fait une leçon de morale. ” Bonjour… Bonjour… “. Vous filez avant d’avoir pu lui expliquer la situation et surtout d’avoir perdu votre sang-froid et giflé le malotru.

Cet article a été posté le Lundi, 31 mars, 2008 à 15:01.
Catégories: Mobilité, Produits, Sécurité.

Un Commentaire, Commentaire ou Rétrolien

  1. Pierre Chevry

    Un excellent papier. On peut parfaitement préférer la C5 et acheter une Laguna parce qu’elle est vendue à des prix attractifs… ou plutôt louée avec des loyers fort intéressants. Est-elle, en gris métallisé et en version GT — le moteur 2.0 DCi 175 ch n’a aucun équivalent sur le marché même chez les meilleurs motoristes d’outre-Rhin ! —, moins statutaire que la C5 ?

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